Arkalym
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Auteur Fil de discussion: Histoire de l'Orient, vol. 6: La Chute de l'Empire d'Orient [HRP]  (Lu 1773 fois)
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MyshTheyr
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« le: 27 Novembre 2006 à 11:36:55 »

Présentation :

Citation
Ce fil va prendre la forme de chroniques qui vont tenter sous forme romancée d'éclaircir la fin des évènements de la seconde saison d'Arkalym. Il prendra place dans le BG général d'Arka 3 ensuite.
Il ne vise pas vraiment à rendre hommage à nos joueurs mais plutôt à apporter des éclaircissements sur la campagne et d'ouvrir sur la prochaine saison...donc ne vous offusquez pas si vous n'y apparaissez pas, nous avons forcément pensé à vous mais n'avons pas pu vous y rattacher afin de ne pas trop disgresser. N'hésitez pas à ouvrir de nouveaux fils afin de présenter la vision de votre personnage sur tel ou tel période/évènement de cette saison.
La vision du côté "Evil" a été volontairement occultée (Fel, Myrrhinil et Valmelilwä), elle sera ajoutée par la suite avec une introduction à Arka3.

Ne postez pas à la suite, svp

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« Dernière édition: 03 Novembre 2007 à 15:28:47 par MyshTheyr » Journalisée

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« Répondre #1 le: 27 Novembre 2006 à 11:38:51 »

Moriandur Dédramilion, Agent au Service du Ratzys :

Citation
Moriandur Dédramilion ne comptait plus les années qu'il avait passées au service du Ratzys. Il avait été confronté à nombre de situations critiques, et l'Empereur lui avait confié les missions les plus délicates avec raison dans la plupart des cas car toujours il avait su s'en acquitter avec un certain brio. Cependant, ces trente dernières années le Ratzys l'avait gardé près de lui à son service personnel. Au début Moriandur avait pris cela pour une promotion et s'en était senti honoré honoré. Il avait ainsi passé quelques années en tant qu'exorciste impérial, une fonction plus honorifique que gratifiante tant les complots contre l'empereur se faisaient rares. Lorsque le Ratzys invita le famille de Kandalyr et qu'il signifia à cet incompétent notoire du Duc qu'il accordait à sa famille une dernière chance de libérer l'Orient du joug du Chaos, il n'avait pu s'empêcher de sourire, se disant qu'enfin, après un dernier échec du duc, des personnes sérieuses et qualifiées allaient être affectés à cette mission des plus délicates : plus de 1000 ans déjà depuis que Kandall avait posé le pied en Orient, qu'il avait réussi à mettre en place un poste avancé en repoussant les forces de Thanos. L'Empereur l'avait grassement récompensé de ses succès en lui accordant titres et terres en Orient. Et tout aurait pu se passer au mieux sans ce terrible assaut qu'ils subirent le jour de l'inauguration de la capitale de l'Orient bâti en plein coeur de la plaine fertile du centre, qui depuis avait été renommée, à juste titre, marais des Ombres. La capitale était tombée et il s'en était fallu que l' Empire perde nombre de représentants de ses familles, tant elles étaient venus nombreuses s'afficher aux côtés du héros de l'Empire. Le pire avait été évité, mais la capitale perdue. et aujourd'hui, plus de 100 ans plus tard, tous ou presque l'avaient oubliée.
Suite à cet entretien le Ratzys avait ordonné à Moriandur de s'occuper de l'éducation de l'héritier des Kandakyr, le jeune Viktor. C'était un enfant brillant et attentif qui tenait, fort heureusement, bien plus de sa mère que de son père. Il fut formé au sein des rangs du Saint Ordre de l'Inquisition. Ordre mis en place par Urdhal et le dissidents de Bréon, ordre qui, pour affirmer sa place, avait sombré rapidement dans le fanatisme et l'intolérence...avec la bénédiction du Ratzys. L'église de Bréon s'était manifestée dès l'avènement des Hommes-Dieux, comme un pouvoir avec lequel il faudrait compter et c'est tout logiquement qu'il avait mandaté Moriandur pour tramer contre cet ordre et fomenter la division quand il devint manifeste que l'église de Bréon prendrait un jour une trop grande place dans l'Empire. Le problème s'était déjà posé avec Téméria et les conséquences avaient été dramatiques et les moyens mis en oeuvre pour la neutraliser des plus discutables de son point de vue. Néanmoins Moriandur comprenait la raison d'Etat. Ainsi les enfants de Kandalyr furent l'objets durant toute leur vie de la plus grande des attentions et tout logiquement Viktor gravit un à un les échelons du Saint Ordre. A l'âge de 27 ans, lorsque Moriandur annonça au Ratzys que l'héritier était fin prêt et qu'ils pouvaient passer à la suite de leur plan, il fut surpris de voir ce dernier lui demander de faire en sorte qu'il accède au Rang de Séraphin de l'Ordre de Constance...autant dire de l'Empire. Il n'avait pas vu l'intérêt de nommer un futur duc à la tête d'un Ordre qui peu à peu s'était imposé dans toutes les strates du pouvoir : ses succès rejailliraient inévitablement sur l'Inquisition et la renforceraient d'autant. Il avait voulu faire part de ses doutes au ratzys, mais celui-ci anticipant ses propos ne l'autorisa pas à parler. C'était assez rare : Moriandur était un des rares agents de l'Empire qui pouvait s'enorgueillir d'avoir l'oreille de l'Empereur. Il n'avait pas insisté : sa confiance dans le Ratzys était absolue.
Aussi, il fallu attendre quelques années encore avant que l'Empereur  autorise Viktor à intervenir. Des rapports alarmistes et demandes d'enquête concernant la possible défection du prévôt de Bronaris et son ralliement supposé aux forces de Cynalkar le poussèrent à choisir ce moment pour tenter de reprendre la main en Orient. Peu importe qu'ils furent fondés ou non, l'occasion était trop bonne de rendre enfin justice à la famille de Bronaris. Comme tous les autres membres du Saint Ordre et une bonne partie des grands de l'empire, Moriandur n'avait pas apprécié le tour qu'Humbert de Bronaris, le père de l'actuel prévôt, leur avait joué et il ne bouda pas son plaisir de voir les pleins pouvoir accordés au Saint Ordre pour la résolution de la crise. Il avait donc laissé son disciple partir en Orient le coeur plein d'espoir et d'enthousiasme. Moriandur l'était bien moins. Il s'estimait être parmi les grands spécialistes de l'Orient et ces deux sentiments lui semblaient incompatibles avec la situation sur place : les forces du Chaos avaient la main mise sur ces terres depuis des millénaires, à Thanos avait succédé Fel et la moindre parcelle de terrain gagnée sur place avait toujours été considérée comme une grande victoire. Jamais l'Empire n'avait pu estimé avoir ne serait-ce qu'un semblant de contrôle sur la région. Les rares avancées s'étaient toujours faite au prix de nombreuses vies et n'avaient connu le succès que durant l'emprisonnement de Thanos, ou plus récemment pendant celui de Fel.
Il eut le regret de constater qu'il avait raison : les rapports s'étaient amoncelés à l'arrivée de Viktor, plaintes de notables locaux, doléances et récriminations contre les pratiques du Saint Ordre. Tout l'éventail habituel des critiques liées à ce type d'opérations. Peu de cas avait été fait, la kabbale bréoniste était manifeste, la plupart des doléances provenaient d'un Ordre local : les Gardiens, très certainement une résurgeance des Gardiens de la Route, un Ordre local qui s'était illustré à plusieurs reprises dans le passé, notamment lors du retour de Thanos. Mais les résultats étaient là : Le prévôt fut destitué, les Inquisiteurs prirent le contrôle de la cité et l'Ordre fut rétabli. Le Séraphin Viktor lui-même se mit en valeur lors de la traque qui s'acheva par la fuite de l'Avatar de l'Unique et la destruction de sa chapelle cachée dans les égoûts de la ville.
Une fois sa mission accomplie, le séraphin envoya un rapport final dans lequel il faisait état de la faiblesse politique et financière des familles locales et préconisa la mise en place d'une autorité nouvelle venue de Constance, à qui l'on accorderait biens et terres de l'ancien prévôt en Kandalyr. Mais l'Empereur en décida autrement : il fit envoyer sa jumelle Joan, une idéaliste qui avait consacré sa courte vie à Bréon. Elle avait mis toute son énergie dans ce projet et avait usé de tous les ressorts politiques dont sa famille disposait pour avoir ce poste et avait fini par l'obtenir. Elle fut chargée de prendre en charge la destinée du duché. Joan était différente de son frère : plus tempérée, elle avait été dirigée vers l'Eglise bréoniste dans laquelle elle s'était faite une place certes honorable mais bien moins brillante que son frère.
C'est ainsi que Joan fut envoyée en orient avec pour mission de remettre de l'Ordre dans le duché afin de préparer le retour de la famille régnante. Joan avait sa mission très à coeur, ce qui était prévisible : elle idolâtrait son frère depuis leur plus jeune enfance et lui vouait un amour et une fidélité sans faille. De ce point de vue la désigner était un choix excellent, mais Moriandur ne lui sentait pas les épaules de confronter les réalités des Terres du Chaos.
Il n'avait pu réprimer un léger sourire d'autosatisfaction lorsqu'il reçu les premiers rapports en provenance de Kandalyr. Elle s'était mise à dos en quelques semaines l'Ordre du Poing de Fer, cellule locale du Saint Ordre dirigé par un félidé dénommé Shani. Moriandur ne connaissait pas ce félidé, il n'était jamais venu à Constance et était bien le seul félidé qui eu jamais intégré le Saint Ordre à sa connaissance. Après ce qui s'était passé entre son peuple et la dernière mission du Saint Ordre menée par le Seraphin de Bronaris, c'était bien un miracle qu'un félidé local intègre le Saint Ordre et en prenne les commandes. Thoâr lui-même s'était prononcé en faveur de son accession au rang de Séraphin et Moriandur n'avait même pas essayer de discuter : il était évident que Thoâr avait une faute à laver et qu'il espérait par ce biais rendre Justice et laver la seule tâche qui maculait sa carrière au demeurant exceptionnelle en tout point.
Si aucune plainte n'avait attiré son attention, celles du Séraphin Shani lui avaient donné quelques sueurs. Le félidé et ses hommes s'étaient montrés très efficaces lorsqu'il avait s'agit d'évincer le prévôt de Bronaris et il semblait qu'il avaient dans l'idée de faire de même avec les jumeaux de Kandalyr.
Shani avait l'appui total de Thôar et l'éliminer ne serait pas chose aisée. Ce fut cet élément et les rapports du Séraphin relatifs aux mouvements des sanguinaires qui poussèrent Moriandur à entrer en lice. Tous les signes annonciateurs d'une importante crise étaient en train de s'assembler devant ses yeux, à l'heure même où, enfin, la volonté du Ratzys d'intégrer l'Orient au Royaume, semblait pouvoir être réalisée.
Rassemblant l'élite de ses tourmenteurs, il embarqua donc par le premier navire en partance pour Kandalyr. Ces navires que les quelques nobles fortunés de l'Empire encore engagés dans ce projet finançaient et envoyaient régulièrement afin de maintenir l'Unique pont entre l'Ouest et l'Est. Les monts venteux étaient plus que jamais infranchissables pour une raison qu'il ignorait totalement. Il avait pourtant fait de nombreuses recherches, mais jamais il n'avait trouvé de piste sérieuse afin d'expliquer ce curieux phénomène. Il avait fini par en conclure que telle était la volonté des Arcanes.
A l'instar de Viktor lorsqu'il arriva à Kandalyr, Moriandur opta pour une approche discrète. Sa réputation le rejoindrait bien assez tôt et il voulait profiter de ce temps pour s'imprégner. Pour ceux qui connaissaient l'exorciste impérial et ses méthodes, sa patte était visible dans chacune des décisions de Viktor, tant l'emprise de son mentor sur lui était grande et les occasions où ils n'avaient pas partagé la même analyse étaient rares et en général imputable à la jeunesse de Viktor. Moriandur n'avait commis qu'une erreur avec lui : pendant l'adolescence du Séraphin, il avait tenté, pour leur bien, de l'éloigner de sa soeur. Leur lien et l'affection qu'ils se portaient étaient une faiblesse évidente et il avait comploté pour provoquer des dissension au sein du couple. Ce fut une erreur car Viktor finit par s'en apercevoir et en tira un grand courroux qui le poussa à faire irruption dans son bureau et à le menacer. Dans d'autres circonstances, Moriandur aurait sûrement sourit et châtié l'impudent comme il se devait, mais il choisit de faire amende honorable et s'engagea à ne plus jamais tenter quoi que ce soit contre eux : le temps ferait son office et au pire, il pourrait se servir de ce levier à l'occasion.
Et l'occasion se présenta à de nombreuses reprises, les jumeaux travaillaient main dans la main : Joan avec son charme et son aura avait réussi à rassembler autour d'elle tout ce que cette cité comptait d'êtres de bonne volonté et le séraphin assurait les arrières travaillant d'arrache-pied à la mise en place de leur grand projet. Son idée était de retrouver la capitale perdue par son ancêtre et de s'y établir, espérant par là s'attirer les sympathies et l'énergie des communautés environnantes dans un premier temps : Krazkhan, Leowenn et Clairazure. Puis par la suite, lorsque la menace du marais des Ombres et de la forêt oubliées seraient écartées, celle des nobles et riches familles de l'ouest. Un projet fou, bien trop ambitieux à son gout et qu'il espérait un jour voir abandonné lorsque les jumeaux se rendraient compte de l'immensité de la tâche.

Ce jour ne vint jamais. Ecarter le Séraphin Shani fut tout compte fait un jeu d'enfant : il fut promu Haut-Agent de Urdhal et mis au service exclusif de Thoâr. Les autres membres dirigeants de la Main de Fer furent renvoyés à Constance pour être éprouvés afin recevoir le sceau de sainteté et ne revinrent jamais. Cet obstacle levé, ajoutant son formidable savoir aux énergies qu'ils avaient su rassembler ils furent sur tous les fronts : face au géants du nord au secours des nains de Krazkhan, face aux sanguinaires dans les forêts de l'Ouest, et même face à l'archi-démon Azer'thot, celui-là même avec qui il avait pactisé afin d'offrir à ses tourmenteurs le don des Ombres. Joan réussi à obtenir un traité de non-agression avec Sâar. Dame Akami, son bras-droit, et Viktor vinrent à bout de l'Avatar de Fel et lui subtilisèrent le Perle de la Nuit Eternelle, les Gardiens retrouvèrent la maîtrise de la Pierre de la Grande Harmonie et encore bien d'autres succès... des avancées significatives qui furent payées au prix fort, car les morts furent nombreux. Mais ces succès leur permettaient d'espérer que l'Empire leur apporterai de nouveau son soutien. Espoir renforcé lorsqu'ils découvrirent enfin, après des mois de recherches dans les  marais, la capitale perdue. Elle était intacte, protégée sous un puissant sort de dissimulation, un sort qui portait la marque des puissants de ce monde.
La déception fut immense lorsque le Ratzys répondit par la négative à la demande de renfort du Saint Ordre et de la prévôté. Et Moriandur commença à douter et à nourrir des soupçons quant à la volonté réelle de l'Empereur. Le Ratzys avait émis des doutes sur la nécessité qu'il intervienne en  Orient, mais Moriandur avait insisté, tant et si bien que l'Empereur avait fini par accéder à son désir. Avec ce refus, Moriandur se prit à penser que l'Empire avait déjà prit sa décision et que la conquête de l'Orient avait été définitivement abandonnée.

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« Dernière édition: 27 Novembre 2006 à 12:36:54 par MyshTheyr » Journalisée

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« Répondre #2 le: 27 Novembre 2006 à 11:39:55 »

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Alors il avait pris un peu de recul, réétudiant ses dossiers, se plongeant dans une profonde introspection, cherchant le moindre détail qu'il aurait pu omettre, le Tournoi de l'Un, le réveil et la chute des Dragons-Pères, La prophétie de l'Oracle de Leowenn, les Reliques de l'Un, Fel et ses complots, la colère de Gaëlle provoquant l'avènement de l'Amarth Faug, la réorganisation des forces de Cynalkar dans le désert des ossements, la mort de Karn le noir tué par Valmelilwä, l'ancienne compagne de Thanos, passée dans les bras de Fel à sa chute, puis vaincue et enfermée dans la crypte de Kandalyr, la rencontre avec le dernier des Pères et bien d'autres choses qu'il s'efforça d'intégrer dans son schéma global ajustant chaque variable de cette effrayante équation afin de comprendre le sens et l'intention de la décision de l'Empereur. Mais il n'était pas le Ratzys, il s'en fallait de beaucoup, et trop de ces variables lui échappaient.
Suite à cette nouvelle, les évènements commencèrent à se précipiter : les légendaires dragons de l'Un furent un à un réveillés, Valmelilwä forte de sa puissance nouvelle commençà a tenter d'oeuvrer dans l'ombre afin de s'emparer de la ville, puis les Gardiens reçurent une mise en garde du Grand Esprit, les enjoignant à venir libérer les Hommes-Dieux selon lui captifs de l'Un dans la Spirale. Alors son pressentiment commença à prendre forme et ses inquiétudes à grandir car ce tableau dont le sens jusqu'alors semblait lui échapper, s'éclairait d'un nouveau jour à la lumière des déclarations de Goarnur le doré et du Grand Esprit. L'ennemi dans ce schéma n'était plus tant Fel l'Ignoble, mais l'Un lui-même ! Comment était-ce possible ? Comment l'Un aurait-il pu agir à l'encontre de la volonté des Arcanes ? Et si ce n'était pas le cas alors quelle était la volonté réelles des Arcanes ?
Pour la première fois de sa vie, Moriandur se senti perdu. L'Oracle avait annoncé que l'Equilibre serait brisé quelques années auparavant, elle avait prédit une lutte sans fin entre les héritiers de l'Un qui embraserait le continent et entrainerait Arkalym vers sa destruction par la Chaos.
Assimiler les données et les traîter, en dégager l'essence et projeter des avenirs possible en fonction des ces analyses était le principal talent de Moriandur, c'est grâce à celui-ci autant que grâce à sa maîtrise de l'Onde qu'il s'était façonné jusqu'à devenir l'un des plus craints et des plus affutés hommes de l'Empereur. Il avait été de tous les secrets et de tous les complots, mais en cette heure et dans les jours qui suivirent cette révélation, il ne pu se défaire de l'idée que lui-même n'était plus qu'un pion placé sur un échiquier dont il ignorait jusque l'existence, et que dans la partie qui maintenant se jouait il pourrait bien faire l'objet d'un gambit. Nul n'est irremplaçable aux échecs comme dans la vie, seul le pion qui franchi toutes les cases de l'échiquier peut espérer un jour devenir une pièce maitresse du jeu.
Fidèle à sa légende, faite de massacre et de destruction, Inferno le dragon rouge, l'ancienne monture de Thanos, éveillé à la non vie par Fel et à présent en possession de l'Arcane de la Mort, fut celui qui annonça la fin. Il se rendit à Clairazure et y massacra la population. Le lendemain, c'est à la tête d'une armée de morts-vivants qu'il vint exiger sa place parmi les Hommes-Dieux.
Moriandur ne savait pas comment, mais les Gardiens eurent vent des mouvements de l'Amarth Faug et prirent l'initiative de se porter à son encontre : ils se rendirent dans le  temples aux cent piliers, temple dans lequel entrèrent jadis les Hommes-Dieux pour ne plus en ressortir. Arrivé sur place ils firent appel à l'armée des célestes, armée dirigée par le légendaire Okyon et sa compagne Loreleï et engagèrent le combat tentant de rejoindre la salle aux cent piliers où se trouvait le portail menant à la Spirale. Portail que défendaient les Avatars de Zéphalyn, d'Isalya et de Urdhal. La bataille fit rage des heures durant et les Avatars tombèrent, l'armée fut réduite à néant et seule l'intervention de Ugo permit de mettre un terme à l'assaut de l'Amarth Faug. Evidemment, il n'était pas mort : on ne peut tuer la mort, mais son enveloppe physique fut détruite et il lui faudrait de nombreuses années avant d'espérer pouvoir retrouver sa vigueur d'antan. Puis, aux portes de la Spirale, sous le regard des Arcanes, ils prirent à parti Ugo et remirent en question la volonté de l'Un et ses intentions quant aux Homme-dieux. Les Arcanes prirent acte de leur demande et de leurs arguments et, désavouant l'Un, ils accordèrent aux peuples d'Arkalym la libération des Hommes-Dieux.

A partir de cet instant, les choses étaient jouées, se dit Moriandur, si seulement ils m'en avaient parlé...si seulement j'avais su...

Dans les jours qui suivirent les armées de Fel se mirent en mouvement. Des assauts massifs et répétés furent lancés sur Kandalyr, principalement des sanguinaires, mais aussi des vampires de Valmelilwä qui firent des ravages tuant Hart Gald et massacrant et souillant l'âme de Joan de Kandalyr lors d'un raid suicidaire. La douleur brisa Viktor et Moriandur du jouer de l'Influence d'Akami de Musashi sur le Séraphin, avec qui elle avait noué une liaison pour le ramener à la tête de ses troupes. Les forces de l'Inquisition avaient été détruites, la garde kandalyenne presque anéantie, les raids ennemis avait fini par porter leur fruits et ils finirent par entrer dans la ville.
A bout de souffle, les Gardiens choisirent de libérer les derniers dragons de l'Un afin d'obtenir leur secours. Ces derniers repoussèrent les armées sanguinaires jusque sur leurs terres puis arrêtèrent le temps et embrassèrent toute la forêt contaminée par le Mal Rouge, la réduisant à une masse chaotique informe.
Pour éclatante qu'elle était, cette victoire ne lui remonta pas le moral, il savait que Fel de retour, ils auraient à faire à l'étendue de ses forces et que les sanguinaires n'en étaient qu'une partie.
Dès le lendemain l'invasion reprit, au nord les Géants et au sud les navires des brumes et leurs cohortes de squelettes et d'âmes en peine. La bataille fit rage dans toute la cité et il fallu l'intervention de Bréon lui-même, de Peltyn et son armée d'automates et enfin de Gaëlle qui emporta dans une vague vengeresses tous les navires au fond des océans pour empêcher la cité de tomber.
Alors que la désolation régnait, les Gardiens prirent la décision d'en finir et de mener une ultime bataille au coeur même du territoire ennemi, sur la mythique Ile du bout du monde, l'ancien bastion de Thanos, puis de Fel, Bastion gardé par un démon à la volonté impressionnante et que nul n'avait jamais conquise.

Rassemblant leurs derniers hommes et ils prirent la route lorsqu'ils virent les Dragons de l'Un passer au-dessus de la cité en direction de l'ile maudite.
Urdhal lui-même arriva dans la cité à la tête des dernières troupes du Saint Ordre et se joint à la troupe. L'heure du jugement était proche et Urdhal lui-même allait rendre justice à l'Ignoble.
Sa surprise fut grande en route de ne point rencontrer les orcs d'Elya, ni même les drows. Arrivés au "dernier" pont, celui qui menait sur l'île, la tension monta d'un cran, les Dragons tournaient en rond autour de l'île, les éclaireurs indiquaient la présence de troupes massivement postées de l'autre côté du pont. Nous nous préparâmes au combat, Urdhal accorda sa bénédiction à tous les hommes présent et, ignorant la recommandation de Dragons de l'Un, s'avança sur le pont au devant de l'armée.
Le lourd portail de bois qui barrait le passage s'abaissa et le Démon-Gardien ne se manifesta pas. Au début, Moriandur se dit qu'Urdhal ne devait avoir eu aucun mal à briser sa volonté, mais il constata devant la surprise de l'Homme-Dieu manifestement troublé, que le Démon-Gardien les avait laissés entrer.

Ils étaient en train de se jeter dans un piège. Mais l'heure n'était pas à le retraîte, qui de toute façon aurait été un échec, aussi l'armée s'élança à l'assaut de l'ile. Ce fut un carnage sans nom. Bien qu'infiniment plus nombreuses, les forces de Fel furent anéanties en l'espace de quelques minutes. Nourris par la Foi pour les uns , par l'énergie du désespoir pour les autres, ils s'étaient battus battîmes comme des lions et enfoncèrent leurs rangs jusqu'au Temple Impie.
Au début, il n'y eu qu'une ombre passant devant l'entrée qui crépitait d'énergie négative. Puis l'Ombre pris forme, son aura maléfique ne laissait aucun doute quant à son idendité : Fel se tenait devant nous et prononçait des incantations. L'effet fut immédiat, les hommes amassés devant la porte perdirent soudain de leur ardeur, les uns fuyant, les autres restant figés devant l'entité ou pris de folie se retournant contre leurs pairs. Puis, après avoir toisé, les envahisseurs il se jeta dans la mêlée, poursuivant les uns et frappant les autres il ravagea les rangs des Inquisiteurs avant de rentrer dans son temple en riant. La porte cessa de crépiter, le message était on ne peut plus clair : Vous qui entrez ici, abandonnez tout espoir... et ils entrèrent.
Moriandur les regarda franchir le seuil puis se retourna vers le cimetière niché sur le haut de la colline face au temple. L'Un était présent, les Dragons arrivaient, il n'y aurait que peu de survivants au terme de cette bataille. Il s'adossa auprès du grand chêne décrépi et disparu dans l'ombre. Aussitôt, l'archidémon lui apparu, ombre parmi les ombres il avait observé toute la scène et n'avait pas agit.
- "Que fais-tu ici Azer'Thot ? Qui a osé te libérer en ce monde ?"
La créature infernale sourit.
-"Quel accueil, cher Moriandur. N'es-tu point satisfait de mes services ? Peut-être souhaites-tu rompre notre pacte ?"
L'exorciste se tut : le démon était libre et ce pacte ne tenait plus à présent qu'à sa bonne volonté. Le moment n'était pas venu de régler cela, il allait avoir besoin de tous ses moyens pour sortir entier du temple. Moriandur décida de temporiser et de le sonder :
-"Tiens-toi hors de ce combat ou tu devras m'affronter, Prince de la Connaissance."
-"Je sais, je sais... j'en tremble rien qu'à l'idée", ironisa-t-il souriant. "N'oublies pas ce que tu es ! Mortel !!", hurla-t'il abandonnant soudainement son air faussement affable.
Les deux êtres se confrontèrent du regard un long moment. Azer'thot fini par ajouter : "Retournes à ton pathétiques combat et laisses-moi me délecter du spectacle de votre agonie.", il accompagna ses paroles d'un revers des doigts. Moriandur quitta les Ombres et réapparu dans le temple. La bataille faisait rage, les corps gisaient dans les couloirs, il entendait le bruissement des armes, les cris et les râles, il ressentait non loin toutes cette formidable énergie. Moriandur se concentra un long moment. Faisant appel à l'ensemble de son savoir magique, il se couvrit peu à peu de sorts, tissant dans l'onde une complexe protection magique. Puis il s'avança, contournant soigneusement les trois lettres mortelles gravées sur le sol. Le silence avait fait place à la clameur. Seulement interrompue par des éclats de voies : Urdhal défiait Fel et Fel se gaussait. L'un prévenait Urdhal de l'inutilité de ses actes et de sa probable défaite. L'Un mettait le doigt sur une question qu'il s'était parfois posée : les Arcanes sont-elles toutes aussi puissantes les unes que les autres ? Que se passerait-il si elles venaient à s'affronter ? Urdhal avait le bon droit pour lui, mais Fel était puissant presqu'autant que Gaëlle et que l'Un disait-on...Un cri de douleur le fit sortir de sa courte réflexion. Reconnaissant la voix d'Urdhal, il se précipita.

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« Dernière édition: 27 Novembre 2006 à 12:35:43 par MyshTheyr » Journalisée

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« Répondre #3 le: 27 Novembre 2006 à 11:41:56 »

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"Il entra dans la pièce et découvrit le triste spectacle : des corps meurtris et déchirés partout sur le sol. Parmi eux celui de Viktor de Kandalyr. Non loin, adossée contre un mur, celle qui ne pouvait être que Yalnah, la messagère des Dragons-Pères, jouant de l'onde primaire se frayait un portail sous le regard inquiet d'un félidé au pelage maculé de sang. Au fond de la pièce se tenaient Fel devant son trône riant joyeusement, à son côté se trouvait Ugo, celui-qui-fut l'Immortel, manifestation de l'Un.
Devant eux, quelques survivants, des Gardiens essentiellement et Pard, le Sergent de la Garde entouraient Urdhal. Il était agenouillé sur le sol.  Les mains crispés sur la lame de son épée, tournée vers sa poitrine, il semblait lutter contre lui-même oscillant entre la volonté de l'enfoncer dans son poitrail et celle de l'en éloigner. Moriandur s'approcha prudemment. Théotème de Loinvoyant avait les mains lui aussi autour de l'épée et priait, comme d'autres autour de lui, tentant de joindre leur volonté à celle de l'Homme-Dieu. Le visage couvert de tumeurs rouges qui s'agrandissaient à vue d'oeil sur sa peau, Urdhal râlait et bavait.
Fel ouvrit un portail et toisant une dernière fois l'assemblée, se moquant de la futilité de leurs effort, ordonna à Urdhal de mourir. L'homme-dieu s'exécuta et enfonçà vilemment la lame dans son corps puis s'effondra sur le sol.
Tandis qu’Urdalh oscillait entre la vie et à la mort aux pieds du trône de l’Ignoble, les Dragons Cracheurs d’Etoiles, créatures de l’Un, menés par le premier d’entre eux, Elianth, firent leur intrusion dans la grande pièce qui venait d’accueillir un vaste bain de sang. Ils étaient tous là, les douze.
L’heure était venue. Ils étaient désormais libres et, au-delà de leur haine pour l’Un, au-delà donc de leurs sentiments personnels, ils savaient qu’ils étaient ici pour jouer un rôle, leur rôle. Désormais, ils ressentaient la volonté des Arcanes et ils semblaient bien décidés à l’appliquer lorsque Elianth prit la parole.
«Belathrim ! il est maintenant l'heure de quitter ce monde ! Il est temps pour toi de quitter ta place et de venir avec nous, tes enfants. Tu as échoué, les Arcanes ne veulent plus de toi, apprends à oublier ce monde.»
L’Un se pétrifia dès lors qu’il entendit résonner dans la pièce ce nom issu d’un passé lointain, trop lointain. La vérité lui fit mal, il était bien difficile pour lui, cet être si parfait, si dévoué au monde, d’admettre son échec. Et quel échec, après tout ? Il avait tout donné, il avait fait tout ce que les Arcanes attendaient de lui. Il avait chassé les dieux d’Arkalym et y avait instauré le règne de son panthéon d’Homme-Dieux. Il avait glorifié les Arcanes…
« Tu es allé trop loin. Le pouvoir t’a aveuglé. Tu ne peux plus cacher la vérité aujourd’hui et les Arcanes ont vu ton égoïsme grandir jour après jour. Ce monde, tu le façonnes à ton image et non pour en faire le nid des mortels, au lieu de le libéré tu l'emprisonnes, tu as terminé la tache que les arcanes t'ont confiée. Suis-nous, ne laisse pas la situation dégénérer. »
L’arrogant personnage s’avança vers ses créations. Il tenta de leur rappeler qu’il était leur père, il tenta de faire valoir sur eux une autorité qu’ils ne reconnaissaient plus. Ils les avaient enfermé après leur avoir donné la vie, il n’arriverait à rien avec eux. Il ne bénéficierait d’aucune clémence de leur part, et les Arcanes sans doute le savaient-elles. Que pouvait-il faire ? Combattre ? Arkalym n’aurait pas survécu à un tel affrontement. Oui, il avait dérapé, il avait commis l’erreur de négliger la vie des mortels, il s’était laissé enivré par ce rôle de Tout Puissant qui lui avait été confié, il s’était berné lui-même, bercé par les légendes sur son compte. L’Un est un tout, l’Un est la vie, l’Un est la mort… Mais au final…
« Je vais vous suivre, Elianth, car bien que je sois déjà jugé, on ne m’enlèvera pas l’amour que je porte à ce monde. Nous ne combattrons pas dans une lutte dévastatrice. »
Puis, tandis qu’à ce moment là Urdhal expirait son dernier souffle de vie, l’Un et ses dragons disparurent.
Rares sont ceux désormais qui peuvent dire ce qu’il est advenu d’eux."
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« Répondre #4 le: 27 Novembre 2006 à 11:44:12 »

Sarhya Lil'wen, Dame d'Amour et de Paix :

Citation
La douce Sarhya regardait Grag observant la colonie de fourmis se déployer hors de son nid et s'activer pour une longue journée de labeur. Jusqu'à ce jour, la courte vie de son enfant en ce monde avait été amour et paix en compagnie des elfes de Leowenn. Mais ce temps était achevé, elle en était certaine : Cumulo ne se trompait pas pour ce genre de choses. Elle repensa aux paroles de Yalnah lorsqu'elle avait fait irruption dans sa demeure nichée sous le tronc d'un arbre séculaire près de la place centrale de la cité elfique.
Quelques heures avant, elle bavardait encore avec T'ynn Telrùnya et Libaöm des évènements récent.s. Son inquiétude était grande depuis la nouvelle de la libération des Homme-Dieux et de la défaite d'Inferno, l'Amarth Faug comme ils le nommaient depuis peu... depuis qu'il était parvenu à s'emparer de l'Arcane de la Mort. Cela l'avait tout d'abord réjouie de savoir Isalya libre, mais elle comprit rapidement que si tous les hommes-dieux avaient été libérés alors cela signifiait que l'heure annoncée par l'Oracle était venue.
A l'évocation de l'Amarth Faug, elle avait frissonné repensant à la colère de Gaëlle lorsque les dragons-pères avait détruit son avatar Symbal, une colère telle que pendant près d'une saison les cataclysmes se succèdèrent s'amplifiant jusqu'à leur paroxysme : 3 immenses vagues qui s'étaient abattues sur les côtes sud du continent, trois flots dévastateurs qui avaient engloutis une partie de la ville. Cette rage aveugle avait duré jusqu'à ce sa vengeance soit accomplie : que l'un des Dragons-Père meure terrassé par Inferno et par l'un de ses pairs, un immense dragon noir dans un terrible combat en plein coeur de Kandalyr.
Cumulo n'avait jamais aimé cette ville, il n'avait cessé de tout faire pour l'en tenir éloignée :
"hmm...il y a toujours des soucis à Kandalyr oui. Les humains ne sont pas sages non.", lui disait-il souvent prenant une mine légèrement rembrunie. C'était pourtant sa mission sacrée que de rendre là où le malheur s'abattait afin de soulager les corps meurtris, d'apporter l'espoir aux coeurs blessés, d'apaiser aux esprits tourmentés et il le savait lui aussi : jamais il ne pourrait l'empêcher d'accomplir sa tâche car telle était la volonté d'Isalya de Shaëlyas, femme-déesse de l'Amour et de la Paix."
Alors que ses pensées s'égaraient lentement vers son compagnon, T'ynn, la Grande-Mère des félidés, fondatrice et Gardienne du Bosquet, évoquait ses affrontements répétés avec Inferno. Sa grande silhouette sombre ondulait alors qu'elle appuyait ses propos de quelques grands gestes gracieux, ses grands yeux verts rivés dans ceux de Grag qui buvait avec avidité les paroles de son aïeule.

C'est alors que le portail s'était ouvert laissant apparaître la silhouette ailée de Yalnah, l'ancienne messagère des dragons. La félidé huma l'air un instant, ses poils se hérissèrent et elle gronda en direction des cercles lumineux. Grag vint instinctivement se cacher derrière elle. Libaöm qui machonnait nerveusement sa pipe éteinte depuis plusieurs minutes déjà se redressa vivement, bien plus que ne l'aurait laissé pensé son apparence de vieil homme. Il observa la nouvelle venue cherchant à évaluer la menace.
"Que viens-tu faire ici meurtrière ?", grogna T'ynn entre ses crocs à l'intention de la gracieuse femme vêtue d'une robe cuivrée. Grag feula dans sa direction.
La main posée sur son fouet, elle les regarda tour à tour avant de s'adresser à Sarhya, ignorant la question de la Grande-mère :
"L'heure est venue Sarhya."
Elle avait tendu l'autre main et révélé une étoffe posée au creux de celle-ci.
- "Hmm... bien", la Dame d'Amour et de Paix avait acquiescé et, malgré la frayeur qui venait de s'emparer d'elle, elle s'était tournée vers son fils et lui avait dit :
" Grag, dis au revoir à nos amis. Nous partons."
Ces mots résonnèrent comme un avis définitif, un verdict qui tombait et, après un bref regard à ses amis  qui se voulait rassurant, elle entrepris de remplir quelques sacs.
Grag frotta sa joue contre la barbe de Libaöm, y humant les odeurs mêlées de plantes et y déposant la sienne, puis se tourna vers T'ynn et lui bondit dans les bras ronronnant. Elle l'étreint longuement, silencieuse, puis le reposa sur le sol et plongea son regard dans celui de son ennemie, de celle qui avait déclenché cette guerre en s'emparant de Symbal lors du Grand Conseil, afin d'affirmer la puissance des Dragons auprès des peuples du Panthéon de l'Un. Yalnah soutint le regard de celle qui avait enfanté des félidés selon la volonté de l'Un son ennemi juré. Entre elles et les valeurs que chacune incarnait la rupture était depuis longtemps consommée, chacune prêtant à l'autre de s'être liée aux tyrans de ce monde.
Sarhya était passée entre elles et avait pris Grag dans ses bras.
- "Je suis prête.", avait-elle déclaré avant de s'incliner devant la Grande-Mère : "Je prierai Isalya chaque jour pour que nous nous revoyons et que vous puissiez de nouveau un jour vous souvenir avec Grag."
Les oreilles de T'ynn s'étaient légèrement baissées et elle lui avait caressé la joue. Alors, elle avait salué Libaöm : "Vous pouvez maintenant rallumer votre pipe messire. Isalya vous aime et jamais ne vous abandonnera."
Le vieil homme lui sourit, légèrement amusé.
Elle avait pris une longue inspiration puis s'était avancée vers Yalnah alors qu'elle s'adressait une dernière fois à T'ynn et Libaöm : "La décision des Princes est toujours la même ?" Sa main s'était crispée sur le fouet et elle s'était détournée sans même attendre la réponse, elle la connaissait manifestement déjà.

C'est en franchissant ce portail qu'elle était arrivée ici dans cet immense temple au coeur des montagnes. Yalnah avait ôté son casque de orné d'un dragon de cuivre stylisé . Sarhya constata comme elle avait changé : sa peau si pâle était maintenant cuivrée, sa chevelure orangée avait viré l'auburn et de ses yeux fendus de haut en bas comme ceux d'un lézard dardait son regard sévère. Elle lui avait fait visiter l'endroit majestueux. Puis elles avaient quitté le temple par le pont qui enjambait le lac de lave pour se rendre au sommet. Lorqu'elle vit les douze dragons juchés au sommet de la montagne, elle pensa d'abord à d'immenses statues métalliques. Le comportement de son guide la conforta dans cette idée quand elle passa devant sans même leur porter un regard. Mais Sarhya ne put s'empêcher de les observer, ni de retenir un petit cri lorsque l'un d'eux tourna un instant son regard vers elle avant de se remettre à regarder vers l'Est.
"Ce sont ceux que l'on nomme les Dragons de l'Un. Ils attendent qu'Il se manifeste...", lui précisa Yalnah. Sarhya perçu comme une menace dans la voix de son hôte. Elles restèrent là de longues heures. Elle osait à peine ouvrir la bouche et s'efforçait de paraître calme, concentrant son attention sur son enfant.

Un rugissement finit par retentir, suivi de onze autres. Les uns après les autres les Dragons déployèrent leurs ailes et filèrent droit vers l'est. Yalnah se retourna alors vers elle et lui dit : "Je ferai ce que je peux pour le ramener. Attends-nous ici prêtresse."
Elle se concentra un instant, ouvrit un portail et s'y engouffra. Depuis elle attendait l'esprit et le regard rivés vers l'est, les pensées tournées vers son aimé qui se battait quelque part là-bas. Elle pensa à tout ces gens qui étaient en train de mourir et pour qui elle ne pouvait rien, elle pensa aux souffrances et à la douleur qui se répandait en cette heure comme une tempête à travers tout l'Orient, puis épuisée, elle céda et finit par se tourner vers Grag qui explorait ce nouvel environnement.

Lorsqu'elle ressurgit du portail, Yalnah était meurtrie. L'une de ses ailes brisée et des traces de coups un peu partout sur le corps. Elle s'avança quelques pas en direction du temple avant de s'effondrer sur le sol. Sarhya se précipita vers elle et pria Isalya de lui accorder la guérison. Elle lui fit boire quelques fioles et lui appliqua quelques bandages de sa confection. Elle avait été poignardée dans le dos et le sang s'écoulait de son coeur. Il lui fallu user de toute sa magie pour la ramener.
Yalnah reprit lentement connaissance.
"Où est-il Dame Yalnah ? Où est Cumulo ?", l'urgence passée, la peur s'emparait à nouveau d'elle. "Que se passe-t-il à la fin ?!"
La femme ailée se tourna vers elle : "Je ne sais pas. Nous étions au temple de Fel, nous nous battions aux côtés de Bréon et de ses Gardiens. Tentant de nous frayer un chemin vers le trône impie, sur lequel siégeait l'Ignoble. Ugo se tenait à son côté. Il y avait Urdhal aussi et ses Inquisiteurs et nombre d'autres encore. Puis dans le feu de la bataille, j'ai senti Sa Présence dans mon dos..mais trop tard. Lorsque je suis revenue à moi, il n'y avait plus que des morts,  Cumulo au-dessus de moi venait de me rappeler à la vie, et m'enjoignait de trouver la force d'ouvrir un portail pour me mettre en sécurité... Il est toujours vivant, Sarhya."
Elle attendit quelques secondes que l'elfe s'apaise puis lui dit : "Aides-moi à me lever et à marcher, je dois aller au temple afin de retrouver un peu de mes forces, il faut que j'y retourne le plus vite possible. Grag observait sa mère et cette femme qui l'avait effrayée. Il sentait toujours cette odeur qu'il détestait tant quand elle apparaissait et il resta à bonne distance lorsqu'elle s'enfoncèrent à nouveau dans cet endroit où il faisait si chaud.
Arrivées au plus profond du temple, Yalnah s'assit sur l'immense trône enflammé et ferma les yeux. Le volcan trembla, son corps s'enflamma. Elle resta ainsi de longues minutes avant de rouvrir les yeux brusquement. Ses blessures n'étaient pas encore totalement soignées, son regard trahissait une immense fatigue et une grande inquiétude lorsqu'elle se releva. Elle lança quelques sorts, puis ouvrit de nouveau un portail.
- "Pries Sarhya. De toutes tes forces pries pour nous tous !", elle se précipita au travers du portail.

Alors Sarhya prit Grag dans ses bras et pria, de toutes ses forces. son esprit s'éleva et elle fut prise dans un tourbillon des pensées de tous ceux qui en cette même heure priaient pour le salut d'un autre ou pour le leur. Elle pria ainsi de toutes ses forces, implorant les puissances d'entendre la complainte des peuples d'Orient. Puis il y eu comme une stridence, comme un accord manqué qui se propagea de l'est et emporta tout sur son passage. Puis ce furent les ténèbres et le silence et elle s'effondra inconsciente.

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« Répondre #5 le: 27 Novembre 2006 à 11:46:12 »

Nigzee Udiniliss, Démon-Gardien de ile du bout du monde :

Citation
L'inimaginable s'était produit : l'ile de Fel était tombée et tout cela grâce à lui évidemment. Qui d'autre aurait-il pu le faire ? En cette heure Nigzee Udiniliss, le Démon-Gardien jubilait : lui et sa légende étaient entier...et le resteraient. Il était LE gardien de l'île depuis des milliers d'années et il s'acquitait de cette tâche avec un certain plaisir. Bien entendu lorsque Thanos l'avait arraché à son plan et l'avait asservi, il avait été courroucé et pendant longtemps, il avait saisi la moindre occasion de détourner le pacte qui le liait au Dieu et provoquer sa colère... Et puis Thanos était mort et Fel fort de sa puissance nouvelle s'était imposé comme son nouveau maître. Nigzee se fichait pas mal de celui qu'il servait et après 1000 ans passés auprès de Thanos, un peu de changement lui allait bien. Lorsque Fel était parti dans la Spirale, il avait beaucoup rit : chacun sont tour après tout, et il avait pu prendre un peu plus de libertés, laisser entrer des inconnus de passage, des voyageurs perdus... il les observait visitant l'ile. Peu en sortaient vivants mais certain y arrivaient. C'était assez distrayant... Nigzee avait beaucoup d'humour et lorsque les Homme-dieux furent libérés et que Cynalkar lui rendit visite en souvenir du bon où l'Immortel, Fel et celui qui deviendrait plus tard l'Unique avaient abattu Thanos. Ils avaient évoqué ces temps bénis. Puis en souvenir de leur ancienne complicité Cynalkar l'avait gratifié d'un présent : une vision prophétique de son avenir. Cynalkar lui expliqua que dans les jour qui suivraient, l'Un, ses Dragons, des Hommes-Dieux comme Urdhal viendraient ici sur l'île et qu'ils s'affronteraient jusqu'à ce que mort s'en suive. Il lui raconta que dans presque toutes ses visions le démons serait détruit, lui décrivant à grand renfort de détails les façons que chacune de ses puissances emploieraient afin de l'anéantir définitivement. Cynalkar avait l'air sincèrement désolé, d'autant que malheureusement, il ne pourrait venir à la bataille car ses armées seraient occupées sur un autre front avait-il ajouté avec un léger sourire. A moins que... si Nigzee lui donnait son vrai nom, alors il pourrait l'invoquer loin de l'ile et ainsi le préserver. Bien sûr le démon compris immédiatement ce que cela impliquait : passer de l'Ignoble à l'Unique, mais à choisir entre cela et rejoindre la matière du Chaos sous le souffle d'un des dragons de l'Un, le choix était rapide. Nigzee était un petit malin et il survivrait comme toujours.
Quelques jours plus tard il se tenait sur la place de Kandalyr aux côtés de son nouveau maître et presque déjà ami Cynalkar. Ce dernier tentait de convaincre le dernier carré de défenseurs de la cité qu'il était venu en ami afin de les guider vers leur ennemi. La Maître était un petit malin lui aussi, il lui avait parlé de ses plans sans aucun détour, marque indubitable de sa confiance en lui et lui avait expliqué qu'une fois les défenseurs de la cité jeté dans les griffes de Fel il invoquerait une armée de démons des abysses et envahirait les dernières villes du continent, que pendant que chacun s'entretuerait sur l'ile maudite il prendrait le pouvoir en Orient se contentant d'achever les blessés. Il n'envisageait même pas de faire appel à Elya tant la victoire serait facile. Le Maître était vraiment malin, il avait tout prévu depuis si longtemps : il avait brisé la Perle de la Nuit Eternelle, obligeant Isalya à se défaire la l'Amulette de la Grande Harmonie, ôtant une part de son immense pouvoir à Fel, il avait guidé Théseus Brisécu dans ce temple au fond du désert. Il l'avait aidé de sa toute puissance à faire tomber le Père d'Airain qui gardait le portail qui, passant au travers des limbes, menait au demi-plan sur lequel avait été caché l'Archet de la Confusion. Puis jouant de maladresse il l'avait accidentellement activé, condamnant irrémédiablement le preux chevalier et tous ceux qui le croiseraient. Puis il l'avait abandonné à la recherche d'un "miracle" dans la forêt des Ombres. Le temps fit son oeuvre et au bout de 50 ans la forêt ténébreuse était devenue un cloaque pestilentiel, hantés par des créatures impies et perverties, hors de tout contrôle en l'absence de Fel leur maitre. L'Unique était vraiment Unique en son genre et Nigzee le constatait encore alors qu'il était là, près du pont devant l'ile de Fel à venir s'amuser de la bêtise de ses mortels qu'il avait si subtilement manipulés.
La messe était dite : L'Un n'était plus le maître et avait été emmené par ses dragons, Yalnah dernière représentante des Dragons-Père était tombée mortellement blessée par Fel qui avait fui et abandonné la place, Urdhal était mort, et l'alliance des quatre était exsangue. L'Unique n'avait plus qu'à se servir et offrir l'Orient à sa belle pour leurs noces de sang.
Nigzee faisait des cabrioles, heureux d'être au côté de ce maitre qui lui avait promis qu'une fois la victoire acquise, il lui ferait embrasser la puissance du chaos. Devenir un Archi-démon, voilà ce qui l'attendait, et il en était tout excité. Nigzee dansait et regardait les Inquisiteurs emporter le corps d'Urdhal jusque l'aire des aigles. Il observa leur chef négocier avec le dresseur quelques seconde. Il vit le dresseur faire un signe de dénégation. Deux halflings apparurent : le premier planta un poignard derrière le genou du dresseur alors que le second enfonçait le sien dans son échine. L'homme se mit à aboyer des ordres rapidement ignorant le corps du dresseur.
Le départ de Cynalkar le ramena à l'essentiel : ce ne serait pas malin de trop trainer par ici en l'absence de l'Unique. Il disparu à la suite de son maitre.

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« Dernière édition: 27 Novembre 2006 à 12:33:20 par MyshTheyr » Journalisée

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« Répondre #6 le: 27 Novembre 2006 à 11:48:40 »

Urdhal, Homme-Dieu, Fondateur de l'Eglise des Lois Immuables :

Citation
Moriandur n'avait pas fait de façon avec le dresseur d'aigles : il avait eu tort de refuser de mettre à disposition ses aigles, son analyse avait été des plus courtes et il l'avait payé de sa vie. Il n'y avait pas d'autre option : il lui fallait ces aigles ici et maintenant, le sort d'Urdhal en dépendait et il ne pouvait prendre le risque de provoquer un conflit avec la puissante guilde des vents. Il ne fit pas plus de façons lorsqu'il atterri devant la mairie de Clairazure. De toute façon il n'y avait âme qui vive, Inferno avait tué les vivants et Peltyn en avait fini avec les morts lorsqu'il était sorti précipitamment de la Spirale.
Le paladin Théotème lui avait conseillé le temple d'Isalya, mais il était loin et il n'avait aucune garantie d'y trouver qui que ce soit de compétent puisque la grande prêtresse était tombée sur l'ile de Fel et avait été rappelée par sa déesse. Le temps qu'elle se remette était un luxe qu'il ne pouvait se permettre. Une fois à terre il invoqua un élémentaire et lui ordonna de porter le corps à l'intérieur du temple de Peltyn.
Il fut immédiatement conduit sous le temple devant Peltyn qui mis 3,587 secondes à analyser la situation et à déterminer une solution au problème. Ses yeux se mirent à briller alors qu'il ordonnait que Ji soit appelé. Dès lors une batterie d'automates se mit en mouvement, allant et venant selon des trajectoires précises. Peltyn était au milieu et agitait les mains comme un chef d'orchestre. L'endroit n'avait rien de gnome, d'halfelin ni même d'humain. Presque tout ici évoquait la civilisation Illithid dont il ne connaissait que peu. L'exorciste se laissa aller à contempler un moment le ballet, il y trouvait quelque chose de gracieux de propre. L'efficacité semblait être le maitre-mot des lieux. Au bout de quelques instant, un automate s'arrêta devant l'Homme-Dieu lui tendant une bouteille remplie d'un elixir épais : l'antidote pour le mal rouge. Il en possédait une dose sur lui et la reconnu immédiatement, c'est pour cela qu'il était venu ici et aussi, dans l'espoir d'y trouver un prêtre qui pourrait aider l'âme de Urdhal à rejoindre son corps. Une fois l'elixir appliqué. Peltyn se trouna un instant vers Moriandur.
" Asseyez et prenez un peu de repos il est entre de bonnes mains", lui lançà-t-il avant d'emprunter la suite d'une machine qui portait le corps de Urdhal dans une autre pièce.

Moriandur ne se fit pas prier : cela faisait deux jours qu'il n'avait pas pris de repos et son esprit maintenait une intense concentration depuis des heures... Il s'assit et entra en méditation aussitôt.

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« Répondre #7 le: 27 Novembre 2006 à 11:50:47 »

Dame Yalnah des Dragons :

Citation
Yalnah apparu en plein coeur de Kandalyr ravagée : des hordes de démons issus des Abysses avaient surgies et avait massacré la population. Des corps gisaient elle-mêle les uns sur les autres, brulés, lacérés ou déchirés ici et là. Immédiatement les démons environnant perçurent sa présence et se ruèrent vers elle.
Oubliant instantanément sa faiblesse, elle sorti son fouet et se mit en position de garde derrière son bouclier. Ils étaient nombreux et le combat fut âpre et long. Bientôt Akami de Musashi, chevalier et intendante de la cité, la rejoint. Elles avaient déjà combattu ensemble sur l'île de Fel et c'est ensemble qu'elles réussirent à abattre un à un les démons encore debout et à rejoindre le coeur de la place, là où le portail abyssal s'était ouvert. Ce ne pouvait être l'oeuvre de Fel, il venait d'être chassé de son Temple. Maintenant ses forces étaient en déroute et l'Ignoble ne reparaitrait pas de sitôt en Orient. Si ce n'était lui alors il s'agissait de Cynalkar, celui qui se plaisait à se faire appeler l'Unique. Yalnah s'était longuement interrogée sur son inactivité, cela avait toujours été dans ses façons d'agir dans l'ombre et de ne surgir qu'au moment où la victoire lui était acquise. Ainsi dans la tourmente qui embrasait l'Orient il avait décidé de jouer son va-tout et de succéder à son ancien maitre... Pourquoi pas ? Parmi les Hommes-Dieux Cynalkar avait été le premier à percevoir la faille chez l'Un et à manifester son désir de le voir choir...et de le remplacer. Elle avait négocié avec son avatar au nom des Dragons-Pères à l'époque où son organisation avait encore du poids dans les affaires en Orient, mais les Inquisiteurs les avaient un à un démasqué, puis lors d'une opération sanglante les avaient tous arrêtés ou mis en fuite, faisant tomber son temple caché dans les égouts de Kandalyr. Après cela, il n'avait plus été question de négociations, Cynalkar ne serait plus dans la course pendant un long moment. A Dana, la dirigeante de la Compagnie du Dragon d'Or succéda Darkmoon et ils avaient réussi tant bien que mal à remonter une organisation dansle désert des ossements, mais elle n'avait jamais réussi à s'imposer, rongée par des dissensions internes et par l'indécision de son nouveau dirigeant.
Mais les choses avaient beaucoup changées depuis, les Pères avaient été trahis et vaincus. Et elle ne les servait plus. Il n'était plus question de négocier : en cette heure, Cynalkar faisait partie des forces du Chaos qui participaient à l'embrasement de l'Orient et il était donc son ennemi. Elle s'avança dans le cercle et ramassa le corps de Cumulo-Nimbus, le shamane, tombé manifestement parmi les troupes des Gardiens qui avaient tenté de refermer le passage. Effort manifestement vain puisqu'il était encore ouvert, d'autant plus que plus aucun démon n'en sortait : Cynalkar avait visiblement vidé sa réserve. Pour elle s'était sans importance pour l'heure : elle avait accompli son oeuvre et fait son possible pour sauver le plus grand nombre comme elle s'était engagée à le faire. La seule chose qui comptait était de rapporter la dépouille de son ami félidé à sa compagne. La paladine semblait désespérée, le dernier ennemi tombé elle ne savait plus vers où se tourner. Alors qu'elle expliquait à Akami que son combat s'arrêtait là, elle perçu la présence d'une Relique de l'Un. Se tournant elle vit arriver Nathraé, l'étrange drow au cheveux verts, Aspy comme elle se nommait lorsqu'elle l'avait connue. Elle se souvenait s'être cruellement servi d'elle afin de passer un message aux disciples de l'Unique alors qu'elle était l'esclave de Darkmoon leur chef. Depuis elle avait parcouru un grand chemin : après s'être sortie des griffes de son maitre, elle avait fait la rencontre de l'un des héros locaux, Théotème de Loinvoyant, héritier d'une illustre lignée qui avait oeuvré pour le bien de Kandalyr, il s'étaient mariés avaient fondé famille et elle était devenu Grande prêtresse au temple d'Isalya, gardienne la la Perle de la Grande Harmonie, fondant l'ordre de la sainte trinité, union de trois hommes-dieux : Bréon, Isalya et Zéphalyn. Rien de très surprenant à ses yeux. Après tout elle portait le sang de Sang Han Drenkan, l'Un des Pères dans ses veines. Cette rencontre avec deux de ses pairs, car Akami elle aussi portait en elle le sang des dragons de l'ancien temps, la toucha. Elle aurait eu tant de choses à leur dire à propos de leurs origines communes, à propos de ses projets, mais le moment n'était pas encore venu. De plus, elle savait Nathraé n'aurait pas oublié ses coups de fouet et l'endroit ne se prêtait pas à une explication qui pouvait facilement dégénérer. Elle se sentait trop faible pour s'engager dans une nouvelle lutte, aussi elle déploya ses ailes et s'envola en direction des montagnes de l'ouest, abandonnant l'Orient à sa cruelle destinée.

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« Dernière édition: 27 Novembre 2006 à 12:32:32 par MyshTheyr » Journalisée

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« Répondre #8 le: 27 Novembre 2006 à 11:52:05 »

Cynalkar, Homme-Dieu et l'Archer de la Contagion, Relique de l'Un :

Citation
Nigzee exultait tout simplement. En l'espace de quelques jours Cynalkar avait effacé des années d'ennui. Tous ces démons qui avaient envahi Kandalyr, autant qui à la même heure envahissaient Krazkhan, tout ces massacres et cette désolation lui ravissaient le coeur. Il se sentait si puissant voletant ainsi autour de son maître, dans sa chapelle sous Kandalyr.
Cynalkar semblait moins joyeux. Debout devant un autel, il semblait concentré, son attention pointée vers un autre endroit. Nigzee, l'avait vu sortir un archet et un violon et il avait rit : c'était bien de son maître de se jouer un petit air de Polka en cette heure. Il était si drôle ! Son imagination semblait sans limite. Mais il n'avait pas joué tout compte fait, il avait même montré un signe d'impatience quand le démon s'était approché du violon se proposant de jouer une gigue endiablée et l'avait figé en l'air :
- "Touches à ces objets mon petit compagnon et je te promets que tu rejoindras la mer du chaos dans l'instant qui suivra.", lui avait-il lancé, puis il avait relâché l'étreinte de sa main de Bigby.
Nigzee avait fait une petite moue crispée, puis s'était éloigné. Inutile de contrarier le maître en cette heure, le moment qu'il attendais était si proche...
Le démon entendit soudain la porte craquer.
Bréon, armé de pied en cap, entra conquérant dans la chapelle , à sa suite entrèrent ses alliés le Grand Esprit, Isalya et Zephalyn. Il se planta face à Cynlakar lui signifiant que tout était terminé, qu'il avait perdu la partie et que quoi que serait son geste, Gaëlle l'avait prévu et que la riposte serait prête.
Cynalkar le toisa, sur de lui, jouant lestement avec l'archer de la contagion, comme pour leur signifier que la destin d'Arkalym était maintenant entre ses main et qu'ils ne pourraient que se soumettre à sa volonté. Il riait à nouveau au plus grand plaisir de Nizgee qui s'était dissimulé dans un coin. Cynalkar savait déjà et l'absence de Gaëlle lui confirma qu'elle aussi savait déjà. L'Orient n'appartiendrai à aucun d'entre eux, l'Orient serait anéanti et rendue invivable pour un cycle encore, puis les peuples d'Arkalym tourneraient à nouveau leur regard vers les terres dévastées par le Chaos. Cynalkar rit encore en pensant qu'il serait à la tête de ces hommes et que tôt ou tard ce monde lui reviendrait.
Il rit un dernière fois alors que les hommes qui s'étaient relevés se précipitèrent sur lui, fixant amusé le visage encore plein de courage de Paul, celui par qui le mal arriverait.

Paul saisit l'Archet et le violon à pleine main et une note retentit. Une seule et unique note qui allait enfler se gorgeant de la puissance du Chaos primaire, la transformant et libérant une onde destructrice qui se propagerait au travers de tout le continent apportant la peste du chaos sur tout être vivant.

Nizgee était un petit malin et il comprit instantanément son erreur. Son rire se tut alors que l'onde chaotique emplissait son champ de vision. Il ricana une dernière fois en pensant à l'humour de son maître, puis il embrassa le chaos comme il le lui avait promis et fut détruit sur le coup se mélant à la matière de laquelle il était issu.

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« Répondre #9 le: 27 Novembre 2006 à 11:56:51 »

Dame Akami, Chevalier de Musashi, Intendante de Kandalyr :

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Alors que l’archet commençait à laisser s’échapper sa plainte lancinante et effroyable, une lueur d’incompréhension emplit les yeux de Paul, celui dont la légende ne devait retenir que le seul prénom. En face de lui, l’incarnation même du chaos le dévisageait avec délectation. Devant la consternation de l’homme, un sourire dément naquit sur son visage blême et bientôt son rire démoniaque couvrit l’insupportable litanie.
La chevalière frappée de stupeur lança un regard éperdu au Fier dont les épaules massives venaient de s’abaisser, résigné au triste sort qui attendait ses enfants. Prenant finalement conscience de la destruction qu’il venait de provoquer, Paul s’affaissa et tomba lentement à genou, cachant son horreur en se prenant la tête entre les mains. Plus rien n’arrêterait à présent la propagation de la maladie et l’histoire allait s’achever là pour ces héros qui avaient tant donné.
Avec compassion, la chevalière s’approcha de son Père adoptif pour l’emmener avec elle, mais il était trop tard et le désarroi qui le frappait le rendait à l’évidence inconsolable. Elle ressentit alors germer en elle une douleur diffuse qu’elle n’avait encore jamais éprouvée. Sa carapace, maintes fois mise à l’épreuve par les adeptes du mal, venait pour la première fois de s’ébrécher devant la puissance de la maudite relique. Elle comprit alors que pour elle, le chemin sur ce monde allait s’achever.
Son regard se porta sur l’ensemble de ses compagnons qui restaient eux aussi médusés, comme charmés par l’obscénité de la situation. Ses traits alors tirés se détendirent et une impression de calme et un sentiment de sérénité l’envahirent. Aucune rancœur ne persistait dans son esprit. Lentement, elle ferma les yeux avec compassion et le visage de son bien-aimé lui apparût. Sans plus attendre, elle sortit du temple maléfique laissant là les autres morts en sursis. Avec hâte, elle traversa les boyaux des égouts de si nombreuses fois parcourus à la recherche de la moindre activité frauduleuse. Une fois à l’air libre, elle fût totalement indifférente à la dévastation récente du port balayé par une lame de fond, aux brasiers incandescents, aux cadavres des puissants démons qui parsemaient le centre ville. Sa détermination n’avait qu’un seul but tenir encore quelques instants. Oui combattre la maladie encore un peu de temps. Reprenant son souffle, la paladine poussa avec grande peine ce qui restait des portes menant à la cour du palais ducal. Le souvenir de la nuit passée à contempler les étoiles avec son bien-aimé en haut de la plus haute tour du palais fit apparaître la subtile arabesque d’un sourire sur son doux visage. Sa course n’était pas finie. Elle pénétra sans plus attendre dans la chapelle du Saint Ordre, dédaignant de fermer les portes derrière elle. Il était là, beau comme un ange, étendu sur l’autel au centre de la maison du dieu déchu. Ses pas résonnèrent dans un silence de mort, toute trace de vie s’en était allée. La faible lumière des candélabres adoucissait les traits marqués de la dépouille de son bien-aimé. Tout en lui caressant les cheveux, elle lui murmura de doux mots, des mots qui n’appartenaient qu’à eux. Elle allait le rejoindre et ils allaient enfin être libres de vivre ce que ce monde et ses convenances leur avaient déniés. Avec une grâce infinie, elle déposa au pied de l’autel, l’épée de Justice que la haute dame Joan lui avait confiée en marque de sa confiance et de sa fidélité renouvelée, porta un dernier baiser à celui qui avait ému son cœur et vient se blottir une dernière fois dans le creux de son épaule. Lentement, dans un silence scépultural, elle ferma les yeux pour attendre que la mort fasse son œuvre.
Alors, elle pensa une dernière fois aux couleurs. Elles étaient là, tournoyantes dans une danse féerique. Elles venaient saluer une dernière fois celle qui les avait tant de fois servies. Comme à l’accoutumée, elles prirent progressivement la forme des dragons. Le noir était bien entendu là lui aussi, il ne la regardait pas avec l’habituelle malveillance, son œuvre était faite et la fleur qu’il avait tant maudite allait se faner. Le doré la prit doucement dans ses serres et l’amena à la rivière. Elle vit alors poindre ce qu’elle n’avait jamais perçu auparavant. Sous la rivière, un autre flux s’écoulait. Il en émanait une puissance brute toute particulière. Le doré regarda avec bonté la fille d’Elianth. La paladine sentit alors son esprit être transporté par ce mystérieux flux, la douleur s’intensifiait. Son ascension avait commencé. Elle arriva alors au firmament. La douleur devint insupportable. Des guerriers magnifiques en armes étranges s’inclinèrent pour la laisser passer devant l’énorme porte. Elle n’hésita pas à pénétrer dans ce royaume où resplendissait une magnifique citadelle couronnée d’un cristal gigantesque baignant les lieux d’une lumière pure. La paladine fut illuminée. La douleur disparut et son visage se figea dans une expression de tranquillité. Toute vie s’en était allée de la sainte chapelle d’Urdhal.


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« Dernière édition: 27 Novembre 2006 à 12:29:51 par MyshTheyr » Journalisée

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« Répondre #10 le: 27 Novembre 2006 à 11:59:22 »

Peltyn, Homme-Dieu, Fondateur de l'Eglise des Lois Immuables :

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Moriandur s'éveilla en sursaut. Il avait cédé au sommeil et en était surpris. Un sommeil lourd et sans rêve. Il se leva et se massa doucement les membres, l'âge commençait à se faire sentir. Un automate posté à son côté s'activa. Il vint se placer devant lui et se dirigea vers la porte. Moriandur le suivit machinalement. Ils suivirent une série de couloir et entrèrent dans une grande salle. Une immense cerveau s'y tenait, occupant presque tout l'espace. Des halflings s'affairaient sur le corps de Urdhal. Peltyn portait un casque sur le crâne. ce casque était relié à une machine par un cable long et épais. Il se tourna vers Moriandur et afficha un grand sourire. Il acquiesca à plusieurs reprise et déclara :
-"Je suis on ne peut plus d'accord néanmoins nous devons prendre en compte que ce type de confection est longue et couteuse et nous n'avons qu'une seule de ces machines... ha ! voilà votre sauveur, si je puis me permettre l'expression, en tout cas celui sans qui vous ne seriez pas ici..."
L'Homme-Dieu lui fit signe d'approcher. Il se mit à lui parler de ses machines, lui expliquant qu'il avait transféré l'âme d'Urdhal dans ce cerveau, le temps de lui rafistoler son corps et de lui apporter quelques améliorations avait-il ajouté en ricanant. C'était un procédé qu'il avait découvert il y a fort longtemps l'ayant expérimenté sur lui même il pouvait en assurer la fiabilité. Moriandur n'était pas certain d'avoir compris, il se concentra un moment afin d'essayer de suivre le débit accéléré de son interlocuteur.
Il ressenti immédiatement la vague parcourir l'Onde. Tournant son regard vers l'ouest, il eu juste le temps de la voir avoir d'être emporté. Il lutta des heures durant pour maintenir sa cohésion perdu dans le flot furieux. Lorsque enfin il réussi à trouver un état stable, il était épuisé et à bout de force. Il ouvrit les yeux. Son corps était souffrance. Il avait recouru à toute sa maitrise de l'Onde pour ne pas être emporté, pour que son esprit reste un et indivisé. Il leva lentement la main et observa les dermières tâches sombres refluer. Lorsque la douleur cessa enfin de longue minutes après, il se redressa et regarda autour de lui. Tous les halflings étaient morts. Peltyn aussi.
Il tituba jusque lui et le prit dans ses bras.
-"Seigneur Peltyn ?, demanda-t'il inutilement : le corps de Peltyn était entièrement boursouflé et couvert des tâches sombres et mouvantes caractéristiques de la peste du Chaos. Il ferma les yeux et lui adressa une courte prière.
Une voix alors jailli de plusieurs automates, comme pour y répondre :
-"Ne vous inquiétez pas ! Je/Nous suis/sommes là ! Prenez ce casque et mettez-le, je/nous allons avoir besoin de toute votre attention."
Moriandur Dédramilion était l'un des hommes les plus affutés de l'Empire. Il avait accompli nombre de missions pour le compte du Ratzys, visité bien des lieux et même d'autres plans. Il avait pactisé avec nombre d'entité du multivers, en avait combattu d'autres. Tout ceci était son lot quotidien et rares étaient les fois où on l'avait pris de court. Mais à cet instant où il enfonça son crâne dans la gangue métallique, les tempes de Moriandur se mirent de nouveau à vriller et il senti la pointe de surtension lui planter ses crocs acérés de part et d'autre du crâne et son visage se mua en un masque de stupéfaction.

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« Répondre #11 le: 27 Novembre 2006 à 12:01:58 »

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Lorsque Sarhya L